Ce matin, nous nous sommes levés à 5 h 30.

(Fait d’autant plus rare qu’il est bon de le souligner)
Les yeux bouffis, les cheveux très ébouriffés, indomptables ; ne pas être en retard pour le soleil est notre seule préoccupation.

On a regardé, il se lève à 6 h 20. Le temps pour nous d’avaler quelques pancakes de la veille, rassis et durcis et nous sommes prêts. Nous montons dans la barque, incertains : allons-nous voir ce que nous sommes venus découvrir ?
Mais, en même temps, on est dans une barque, en famille, et nous nous apprêtons à voir le soleil se lever. Même les oiseaux semblent nous accompagner. Le spectacle est déjà magnifique quand, enfin, on les aperçoit ici et là, disparates.

Je me retourne et envoie un grand sourire de remerciement à notre batelier, complice et témoin de notre joie devant ce paysage déjà éblouissant. D’un geste de la main, il nous indique la direction de l’émerveillement.
En effet, à quelques mètres, ils sont là, par milliers. A présent, nous voguons sur une nappe rose, le soleil scintillant dans ces milliers de pétales. Les bateliers empruntent les allées déjà formées, histoire de préserver ce patrimoine éphémère.

Monet en serait ravi, il aurait passé du temps ici, j’en suis certaine.
Ici, c’est le Red Lotus Lake.
On est tous d’accord pour dire que ça restera longtemps dans nos mémoires. Un instant suspendu au petit jour. Les oiseaux sifflent et virevoltent juste au-dessus de l’eau, le son rivalise avec la vue.

Alors, une précision tout de même, bien qu’il se nomme Red Lotus Lake, le lac est envahi de nénuphars ( ;) Monet!). Je fais maintenant la différence après avoir déguster les graines de lotus. Le cœur des lotus contient des graines délicieuses, le goût se rapprochant d’amandes ou de noisettes fraîches. J’ai également testé au menu les tiges de fleurs accompagnées de bonnes crevettes. En salade, ces tiges sont croquantes, mais, bourrée de fils, genre mauvais haricots verts !

Nous aurons fendu le rose deux heures durant, laissant la douceur de l’air nous caresser. Mes aimants viennent à moi, dans les moments de partage, nous ne sommes plus qu’un.

Le temps passe et vite. Nous sommes maintenant à Bangkok.
Ville bouillonnante, je me suis vue agitée comme une puce dans le métro. Envie furieuse de tout voir, cette architecture, cette agitation urbaine. Je crois que j’aime autant la campagne que la ville. Une piste pour ma vie d’après ? Six mois ici et six mois là-bas ?

C’est étourdissant, les buffets ambulants envahissant les trottoirs, les gens souriants, toujours un geste affectueux envers nos enfants, les conducteurs de tuk-tuk assaillants… C’est fou ce sentiment de liberté qui me revient dans les grandes villes : une liberté dans notre liberté. Je me souviens : gare d’Austerlitz, à chaque fois, le pied sur le quai et hop ! cette liberté m’envahissait. Pas l’ombre d’un obstacle, je me sentais invincible et maîtresse de ma vie. Prête à conquérir. Mais quoi ? Je ne l’ai jamais su…

Aujourd’hui, dilettante, je suis partie conquérir le monde, avec mon Sud, mon Est et mon Ouest. Sans oublier mon sourire. 

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2 commentaires sur “Aux aurores

  1. Magnifique article !!! Avec mon mon mari on se régale à vous suivre depuis un petit moment maintenant. Vous nous faites tellement rire et en même temps tellement rêver… À chaque fois que je vois un post de vous, je m’imagine dans un an et demi mes 2 enfants mon mari et moi dans notre tour d’Europe. La liberté, le partage, la découverte… Merci pour ces moments de partage et bonne route 😉 les_apprentis_aventuriers

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