Elle passe partout, elle s’infiltre, surtout au fond de ma gorge. La peau me tiraille, se craquelle, ma peau croco, ma peau lézard.

La lumière et la chaleur sont revenues, et avec elles le vent de la liberté. Les poumons gonflés à bloc, les journées d’émerveillement s’enchaînent :  reprendre le rythme, l’esprit au repos. Les paysages défilent, tout est en mouvement, enfin.

Marcher dans la poussière, sur les traces des premiers américains, dans ces vastes espaces, on en prend plein les yeux. De la chaleur de l’enfer de Joshua Tree à l’immensité-néant du Grand Canyon, après les cactus cholla, les pilly pear, la végétation connue de nos garrigues réapparaît. Le ciel est grand et c’est comme ça que je l’aime. Les pieds noirs, les cailloux dans les poches, on tente une toilette plus que rudimentaire au pied de notre véhicule équipé d’une tente de toit. Nous sommes repartis moins équipés mais certains de l’aventure. Nous sommes l’impossible ;)

Notre aventure, on la trace plus que jamais au jour le jour. Trois jours avant, nous ne savions pas encore que le destin nous mènerait sur un nouveau continent. Loin des villes, on explore l’ampleur de la terre, jusque sous ce minuscule cailloux, là, sous nos yeux. Nous apprenons chaque jour à regarder. Se rappeler que nous sommes les seuls maîtres de nos destins. Se sentir puissants !

Nous enchaînons les miles dans ces grands parcs nationaux. On se laisse vivre dans ces décors cinématographiques, que nous avons tant vus et tant rêvés. Sans contrainte cette fois, les enfants sont en vacances : on a relégué les cahiers d’école aux fonds des sacs :)

Ils joueront aux cow-boys, et je me ferai appeler Calamity Jane.
Même dans le pays de la démesure, la nature est là et tellement belle. C’est un tableau éphémère aux mille couleurs. La plus belle lumière, celle que je préfère, est celle d’avant le coucher du soleil, lorsque nous sommes repus et bien heureux. Celle qui éclaire Monument Valley, sur les terres Navajos que nous avons eu la chance, malgré ce virus, de pouvoir fouler. Au bon endroit, au bon moment.

Nous avons pris le temps de nous brûler la peau dans la Death Valley, de nous sentir à l’étroit. Devoir se concentrer et écouter le silence un long moment.

Regagner les côtes vertes, les nombreux lacs ; l’eau m’avait manquée. Se sentir toujours à l’abri et jouir à nouveau d’un feu de bois, d’un feu de joie pour Roméo. Se lécher les doigts sucrés de marshmallows grillés, les repas quant à eux sont bien moins exotiques et tout à fait monotones.

Découvrir pour la première fois, se laisser surprendre et bercer par les vols des condors majestueux. Voir pour de vrai ce qu’on a toujours vus et s’en émerveiller. Nous vivons dans la télé depuis quelques jours, des semaines déjà, et même une année. 

Voyager dans ce grand pays est facile, nous aurions adoré le découvrir avec notre camping car, notre maison. Celui-ci attend toujours du côté de la Malaisie de connaitre sa future destination.

Sur notre itinéraire, la belle ville de San Francisco, sa fraîcheur et ses maisons victoriennes, elle est telle que je me l’étais imaginée. Sans brume toutefois. Son climat n’est pas ce que j’ai préféré.

On s’enivre de l’ambiance de ses rues, malgré les distances, les regards et les masques. Chaque pays a une odeur que je me plais à identifier, à mémoriser : les Etats Unis, malgré tout, ont une odeur de gel hydroalcoolique !

 

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