« On va mourir Bruno ! Il n’y a plus que deux barres sur l’indicateur du réservoir d’eau, et on ne sait toujours pas où trouver de l’eau avant ce soir ! Si on ne trouve pas un point de ravitaillement rapidement, on est foutus, tu m’entends ?! Foutus ! » 

Bon, ok, j’exagère un peu. Je romance. Alex n’a peut-être pas dit qu’on allait mourir. Ou du moins ce n’était pas directement lié à la découverte d’eau. Mais vous avez compris le principe. L’eau, quand on fait un tour du monde en camping-car, c’est vital. Et on se rend compte (très) rapidement, que notre quotidien est rythmé par la recherche d’eau.

Bien sûr, il y a tout d’abord l’eau potable, et le principe physique (un peu chiant il faut l’avouer) qui fait que si on arrête de boire, et bien, disons-le… on crève, quoi. Mais ça, au pire, on trouvera toujours une supérette du coin – peu importe le coin du monde – pour nous vendre de perfides bouteilles en plastique. On ne se sentira pas très écolo, mais, au moins, vivant.

Et puis il y a l’eau sanitaire. Pour faire la vaisselle, se doucher, tirer la chasse. Parce que si on ne lave pas la vaisselle, nos corps et nos culs… Et bien on attire les moustiques. Et les moustiques nous tuent (si, si). Retour à la case départ.

Alors il faut chercher ! Se mettre en alerte, le nez en l’air, le bâton de sourcier aussi, si nécessaire. En Europe, le terrain est balisé, et le camping-car monnaie courante : il existe des stations dédiées où l’on peut recharger. Mais une fois la Russie pénétrée, les regards éberlués des passants devant notre maison roulante deviennent inversement proportionnels aux solutions d’abreuvement. Il faut alors activer le système débrouille. Direction les « колонка с водои » (Kolonka s vodoi) ! Des colonnes d’eau qu’on trouve dans quasiment tous les villages… On y  branche son tuyau ou ses jerricans, et on y croise toujours un russe pour nous proposer de venir recharger chez lui en cas de problème, ou pour vous offrir un panier de légumes…

Ils sont comme ça les russes : aider, c’est leur deuxième peau.

Les mongols partagent avec les russes le même alphabet, mais pas les mêmes habitudes. Plus de kolonka, mais des « Xудаг » (houdag), ou encore « maisons de l’eau » : petites baraques où l’on se sert au tuyau, moyennant un échange pécunier relativement simple : 100 litres d’eau contre 10 centimes, pour les locaux, ou 3 euros, pour les touristes. Bon faut le savoir, c’est tout.

Et puis il y a les lacs, les rivières, la pluie, qui ont l’avantage naturel de ne rien vous demander quand vous remplissez vos jerricans chez eux, ce qui est assez pratique, vous l’avouerez, même quand on est pas radin.

Alors on aborde par contre ici un point assez rigolo de cet article (préparez-vous à vous fendre la poire sévère) : c’est que l’orifice pour remplir le réservoir d’un camping-car est un tube horizontal. Alors que l’eau, quand elle coule d’un jerrican, a la fâcheuse tendance à suivre un chemin vertical. Voilà, je vous laisse faire un schéma sur papier sur besoin, et faites gaffe à vos abdominaux avec la crise de rire que vous allez vous payer.

Du coup, on se fabrique un petit coude avec un tuyau PVC, et le tour est joué, mais bon, quand même, hein.

Je vous laisse ici, avec un petit teasing sur mon prochain article : « Caca World«  
Je sais : vous avez hâte.

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6 commentaires sur “Water World

  1. Cc Salut de feddyours le voisin de david
    Vos photos son superbe et les texte pas mal du tout
    Petit coup de coeur pour tatiana et ces crêpes lol

    1. Salut Freddy ! Merci pour ton message ! Pour le moment le camping-car tient bon… enfin sous le capot ! Pour le plastique autour, c’est plus compliqué ! :-D

  2. On voit là, la grande aberration de nos vies. 72 % de la surface de notre planète sont couverts d’eau mais… salée. Et nos corps ont besoin d’eau douce. Celle-ci ne représente que 3% du volume d’eau total et seuls 0,7% sont reelement disponibles (liquide) dont la moitié en souterrain. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

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